L’inégalité salariale entre les hommes et les femmes est régulièrement pointée du doigt. La différence pourrait se situer, en partie, dans la manière dont hommes et femmes arrivent à négocier leur salaire. Selon un sondage OpinionWay pour la Chaire RSE d’Audencia avec le cabinet KPMG, publié vendredi, la négociation individuelle est moins pratiquée par les femmes en entreprise, avec seulement 34 % des femmes qui osent négocier leur premier salaire contre 41 % d’hommes. D’après ce sondage, qui s’appuie sur un échantillon représentatif de la population salariée de 2015 selon l’Insee, soit 54 % d’hommes et 46 % de femmes, seuls 55 % de ces dernières contre 60 % des hommes négocient pour leur rémunération au cours de leur carrière. Les raisons invoquées varient selon le type de négociation : dans le cas de la rémunération, elles sont 49 % à déclarer le manque de confiance dans leur capacité à demander une augmentation, contre 37 % d’hommes.

Pour obtenir davantage de responsabilités au sein de l’entreprise, les femmes osent moins se lancer dans une négociation : 39 % des femmes contre 44 % des hommes. C’est alors l’absence d’envie de négocier qui prévaut chez les femmes comme chez les hommes. Pendant les entretiens d’embauche, la différence de traitement entre les femmes candidates et les hommes existe toujours. 60 % des femmes (49 % des hommes) se sont vu demander si elles avaient des enfants, malgré les dispositions du Code du travail interdisant aux employeurs de poser des questions sans rapport à l’emploi proposé ou aux aptitudes professionnelles du candidat.

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Une majorité (67 %) de salariés estiment qu’il n’y a pas de différence de traitement entre les femmes et les hommes au sein de l’entreprise (72 % chez les hommes, 61 % chez les femmes). Parmi les 32 % qui affirment le contraire, 80 % de femmes la ressentent en matière de rémunération. L’étude a été réalisée en ligne du 25 juin au 5 juillet, auprès de 1 161 salariés d’entreprises privées ou publiques, représentatifs des salariés français âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas. Marge d’incertitude de 1,5 à 3 points.